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President Tshisekedi face aux critiques pour son approche exclusive, tandis que la CENCO et l’ECC proposent une alternative rejetée par le pouvoir.

Les consultations politiques lancées par l’Union Sacrée de la Nation (USN), la plateforme du président Félix Tshisekedi, suscitent de vives tensions et des accusations d’exclusion. Alors que Kinshasa tente de former un gouvernement d’union nationale, l’initiative est perçue comme un dialogue interne à la majorité présidentielle, ignorant les voix critiques et rejetant les efforts de médiation des Églises catholique (CENCO) et protestante (ECC) 

Un dialogue à sens unique ?

Conduites par Désiré Cashmir Eberande, conseiller spécial en sécurité de Tshisekedi, ces consultations ont surtout rassemblé des membres de l’USN, excluant de facto les principales figures de l’opposition comme Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Joseph Kabila, qui boycottent le processus, le qualifiant de « piège » pour légitimer le pouvoir en place
Pire, l’Union Sacrée a vigoureusement rejeté le « Pacte social pour la paix » proposé par la CENCO et l’ECC, le qualifiant d’ »initiative individuelle » et refusant toute médiation extérieure au cadre gouvernemental. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a même insisté sur le fait que les Églises n’avaient « aucun mandat » du président pour organiser un dialogue national.

L’opposition et la société civile demandent un vrai dialogue inclusif

Pour les partis d’opposition et certains acteurs de la société civile, seule une concertation neutre et large, incluant toutes les forces politiques et sociales, pourrait résoudre la crise. La nouvelle société civile du Congo insiste sur des critères de « loyauté, compétence et inclusivité », rejetant les logiques partisanes.
Cependant, le pouvoir semble s’enfermer dans une logique d’unité factice, comme le dénonce un opposant : « L’Union Sacrée consulte l’Union Sacrée pour un gouvernement de l’Union Sacrée ! » .

La voie des Églises : Une alternative crédible ignorée ?

La CENCO et l’ECC, fortes de leur expérience en médiation, proposent un cadre de dialogue incluant même les groupes armés et les acteurs régionaux. Mais l’USN et l’UDPS/Tshisekedi rejettent cette approche, l’accusant de « saper les institutions » et de contourner les processus diplomatiques de Luanda et Nairobi 
Pendant ce temps, la crise sécuritaire à l’Est s’aggrave, et les divisions politiques affaiblissent la réponse nationale.

Vers un échec annoncé ?

Si President Tshisekedi persiste dans cette voie exclusive, il risque de creuser les divisions au lieu de les apaiser. Le rejet catégorique du dialogue des Églises et le boycott de l’opposition montrent que les consultations actuelles ne mèneront à aucune avancée significative.
Le peuple congolais mérite mieux qu’un simulacre d’unité : un véritable dialogue national, porté par des acteurs neutres et inclusifs, reste la seule issue pour une paix durable.


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