Il est vrai que l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a commis des fautes dans la passation des marchés publics.
La justice a donc retenu contre lui des preuves de détournement volontaire. Mais l’affaire ne peut pas être comprise sans parler du rôle de l’Inspection générale des finances (IGF).En effet, plusieurs indices montrent que l’ancien chef de service de l’IGF, pourtant cité comme l’un des cerveaux de l’opération, a été mystérieusement épargné par la justice.Des zones d’ombre troublantes •En avril 2025, M. Willy Musheni, cousin de Jules Alingete, a vendu ses actions comme s’il savait déjà que le scandale allait éclater.
•Mme Inamahoro, cadre de la Rawbank et réputée intime de l’ancien inspecteur-chef de l’IGF, a disparu dans la nature. Cela alimente fortement les soupçons de complicité et de planification.Ces faits posent un problème sérieux : comment comprendre que Mutamba soit condamné seul, alors que d’autres acteurs clés semblent avoir été protégés ?Le cas Alingete : un passif lourdCe n’est pas la première fois que Jules Alingete est cité dans des affaires controversées. On se souvient : • de ses entreprises mafieuses dans la fraude fiscale dans le dossier Daco-Rawji,• du détournement des 29 millions autour des jetons de présence à la Sicomines,
•et plus largement de sa manière de gérer l’IGF comme une arme politique plutôt qu’un outil de contrôle neutre.Ces éléments renforcent l’idée d’un système où certains intouchables se protègent, pendant que d’autres endossent seuls la responsabilité.La diversion Kazadi pour brouiller les pistes, certains essayent maintenant d’impliquer Nicolas Kazadi dans l’affaire. Pourtant, la loi est claire : le ministre des Finances ne gère pas directement les dépenses. Il ne fait que constater, liquider et ordonner les recettes.C’est donc une manipulation : comparer Mutamba à Kazadi, c’est inventer un faux parallèle pour distraire l’opinion et salir un ancien ministre qui, en réalité, n’a pas touché à ces fonds.Un procès à géométrie variableEn épargnant certains et en frappant Mutamba seul, la justice donne l’image d’un procès arrangé. On a l’impression d’un scénario déjà écrit :
• Mutamba joue le rôle du coupable officiel,
•Kazadi sert d’épouvantail pour alimenter la polémique,
•et Alingete, présenté par beaucoup comme l’instigateur principal, reste intouchable malgré ses casseroles.Au final, tout cela ressemble moins à une vraie justice qu’à du populisme : on condamne l’un, on salit l’autre, et on protège les vrais responsables.
Christophe BONGONGO EBENGO
En savoir plus sur INFORMATEUR 26
Subscribe to get the latest posts sent to your email.