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Depuis sa prise de fonctions en tant que président ad intérim de l’Assemblée nationale, le député Jean-Claude Tshilumbayi est au cœur des critiques. Pour de nombreux observateurs, il incarne l’instabilité qui mine actuellement la chambre basse du Parlement.

  1. Une volonté de prolonger l’intérim à tout prix

Jean-Claude Tshilumbayi semble déterminé à s’accrocher à la présidence intérimaire jusqu’au mois de décembre, en contradiction avec les attentes d’une majorité de députés. Cette ambition est perçue par certains comme dictée par Vital Kamerhe, supposé mentor politique du président ad intérim. Tshilumbayi, séduit par les attributs du pouvoir, donnerait l’impression de vouloir se comporter en monarque absolu, au mépris du cadre légal et des équilibres internes. Or, plusieurs parlementaires exigent l’organisation rapide d’élections pour compléter le bureau de l’Assemblée, estimant qu’un président intérimaire ne peut continuer à fonctionner avec des pouvoirs limités.

  1. Une gestion chaotique des séances plénières

L’incapacité de Tshilumbayi à diriger les plénières dans le respect du règlement intérieur constitue un autre point de tension majeur. Les séances sont souvent marquées par le désordre, et son style de gestion est jugé peu rigoureux, voire inadapté à la fonction.

  1. Les mouvements sociaux ignorés ou mal gérés

Le malaise s’accentue avec les grèves répétées du personnel administratif de l’Assemblée nationale, qui réclame le paiement de salaires, primes et avantages non perçus depuis l’époque Kamerhe. Face à ces revendications légitimes, Tshilumbayi se limite à des promesses jugées irréalistes, tout en tentant d’imputer la responsabilité à un autre membre du Bureau, ce qui est perçu comme une manœuvre de diversion aussi pathétique que théâtrale.

  1. Une stratégie de division au sein du Bureau

Au lieu d’œuvrer à instaurer une dynamique de collégialité, Tshilumbayi, toujours soupçonné d’être sous l’influence de Vital Kamerhe, mènerait une politique de la terre brûlée, dans l’optique de favoriser l’ascension d’Aimé Boji Sankara à la tête de l’Assemblée. Cette stratégie va à l’encontre de la volonté de la majorité parlementaire, qui réclame stabilité et cohésion.

  1. Un appel pressant à rétablir l’ordre

De nombreux députés dénoncent le comportement de Tshilumbayi, qu’ils qualifient d’ »apprenti », d’ »immature » et de « cacocrate ». Ils exigent la publication immédiate d’un calendrier électoral pour la mise en place d’un bureau définitif. La session en cours, de nature budgétaire, nécessite un fonctionnement optimal de l’institution, ce qui ne peut se faire avec un bureau intérimaire paralysé.

Conclusion

Il est urgent que Jean-Claude Tshilumbayi prenne conscience de la gravité de la situation. Son maintien prolongé à la tête de l’Assemblée dans ces conditions ne fait qu’aggraver la crise. Pour garantir la stabilité institutionnelle et répondre aux attentes du peuple congolais, le retour à une gouvernance normale et démocratique s’impose.

Mbila Kunganda Kalonji
Analyste politique et chercheur en questions parlementaires


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