Le ministre de l’Industrie, Aimé Boji Sangara Bamanyirue (ABS), a déposé sa démission ce lundi 20 octobre 2025. Il quitte ainsi le gouvernement pour regagner l’Assemblée nationale, où il apparaît comme le candidat potentiel à la succession de Vital Kamerhe au poste de président. Son éventuelle élection constituerait une sorte de remplacement poste pour poste, rassurant la population de l’Est de la République démocratique du Congo.
Après la démission de Vital Kamerhe du perchoir de la Chambre basse du Parlement, plusieurs voix se sont élevées pour estimer, à juste titre, que ce poste devait revenir à un ressortissant de la partie orientale du pays, afin de préserver les équilibres géopolitiques au sein des institutions nationales.
La première ministre Judith Suminwa Tuluka, deux de ses principaux collaborateurs, à savoir le vice-premier ministre, ministre du Budget, et le vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) étant issus du Sud-Ouest, tout comme le procureur général près la Cour de cassation, il paraissait logique que la présidence de l’Assemblée nationale revienne à l’Est. D’autant plus que le président de la République et celui de la Cour constitutionnelle sont originaires du Centre, tandis que le Sénat est dirigé par un ressortissant de l’Ouest.
Un message fort à l’Est du pays
Le nom d’Aimé Boji revenait avec insistance et faisait presque l’unanimité au sein de l’Union sacrée de la Nation. Originaire de la même ethnie Shi, du même territoire de Walungu et de la même province du Sud-Kivu que Vital Kamerhe, il est également membre fondateur de son parti politique, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) dont il a été de tous les combats politiques et gravi tous les échelons jusqu’au poste de Secrétaire général intérimaire.
Il était donc difficile pour la famille politique du chef de l’État de trouver un autre profil capable de rassurer et de rassembler autant que l’ancien ministre du Budget pour succéder à son leader.
Sur le plan politique, ce poste semble taillé sur mesure pour lui, au regard de son expérience dans la gestion de la res publica. Ancien ministre du Commerce extérieur, ancien ministre du Budget(durant quatre ans), et jusqu’à récemment ministre de l’Industrie, Aimé Boji maîtrise également les rouages de la Chambre basse du Parlement. Élu député national de Walungu en 2006, il a été réélu en 2011, 2018 et 2023. Il a notamment siégé au sein de la Commission Environnement et Ressources naturelles, de la sous-commission Mines et de la Commission Écofin.
Ce quinquagénaire polyglotte- il parle couramment l’anglais, le français, le swahili et le lingala- jouit de la réputation d’un politicien modéré, rassembleur et pragmatique, capable de bâtir des passerelles même dans des contextes politiques tendus. Une qualité précieuse, considérée comme un atout majeur à un moment où l’Assemblée nationale a besoin d’un président consensuel, respectueux des équilibres internes de l’Union sacrée de la Nation.
Son choix serait perçu comme un signal fort adressé aux populations de l’Est, notamment celles des zones occupées par les pantins de l’AFC/M23 et l’armée rwandaise. Ce serait la preuve que le président de la République et sa famille politique leur reconnaissent la place qu’elles méritent dans les institutions nationales. C’est donc un gage d’équité conforme à la Constitution.
Un bagage intellectuel solide
Sur le plan académique, Aimé Boji Sangara présente un parcours universitaire exemplaire.
Après une année consacrée à l’apprentissage de la langue anglaise, il intègre en 1991 l’Université Oxford Brookes (Royaume-Uni), où il suit un cursus en économie, administration des affaires et management.
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