Charles Kasongo Mutshilua, notre doctorant national. Ce phare académique en pleine brume, cet espoir de la recherche scientifique qui, à défaut d’un microscope, préfère manier la plume trempée dans le vinaigre. Voilà donc que vous nous offrez un posting en grande pompe, bardé de termes ronflants, comme pour mieux marquer le vide sidéral de votre.
Argumentation.
A croire que le titre de doctorant est aujourd’hui distribué dans les paquets de céréales! Dans ce stand-up politique, vous tentez laborieusement de convoquer que votre analyse serait le fruit d’une démarche scientifique. Hélas, à la lecture, on se rend plutôt à l’évidence d’une rédaction de lycée, corrigée à la hâte entre deux cafés amers de désillusion post-électorale.
L’objectivité, cette vertu que les bons chercheurs ont en partage, semble avoir été congédiée manu militari pour faire place à votre ressentiment mal digéré.
Parlons de Lubefu, ce territoire que vous décrivez comme un paradis perdu; une Atlantide engloutie par l’incompétence. Selon vous, il fut jadis un havre d’espérances? Quelle époque exactement ? Sous quel régime? Serait-ce un cas de schizophrénie chronique, cette pathologie rare prélapsaire et édénique qu’aucun mortel n’a jamais vu.
Vous dénoncez l’absence de routes, les services publics en ruine, l’agriculture en déclin… Mais, dites-nous, Charles, où étiez-vous lorsque vous siégiez comme député provincial ? Quand vous jouez au ministre provincial, affairé à exceller en discours fleuris comme un excellent thuriféraire? Incapable même de plaider la réhabilitation de ce sentier qui mène vers votre Lusoni natal.
Et puis voilà que vous vous attaquez au projet de 145 territoires. Un projet très mal conçu par ceux-là qui étaient aux commandes de ce Territoire. L’on préfère une mini centrale solaire de 300 ménages au lieu d’un micro barrage pour booster le développement local. Demandez-vous avec la solennité d’un expert de Google? Peut-être parce que vous confondez le développement local et le jeu de Lego? Et surtout, peut-être parce que vous n’étiez pas invité à la table pour en tirer profit ?
Vous avez perdu les élections, même les aveugles et les sourds-muets le savent. Au lieu de vous inscrire dans la dynamique de la sapience, vous avez choisi l’opposition comme exutoire. Mais attention : opposition n’est pas synonyme de râleur professionnel ou de dispensateur universel de leçons. Critiquer est un art, mais pas une thérapie. Comme conseil excipitaire, attendons l’arbitrage de la population à la fin du mandat en cours. Mais en attendant, permettez-nous de douter de votre soudaine passion pour Lubefu. Car il est facile de pleurer sur un territoire abandonné, lorsqu’on n’a plus les clés du bureau.
Fabrice WEMBI
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